PRECIGNE AU XIXe SIECLE
                                      

Vie municipale, voirie, économie, population


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Le café Leroy a été démoli début XXe siècle après l'incendie de l'église en août 1900.

 

 


                        Précigné sort exsangue de la Révolution qui a duré dix ans. La commune, restée attachée au Roi et à la Religion, a dû, tout à la fois, subir les réquisitions des Républicains et soutenir les Chouans, ce qui absorbait la moitié des récoltes. Huit maires vont se succéder au cours du siècle. D’abord nommé par le Préfet, ce n’est qu’après 1834 que le maire sera élu. Sous le Premier Empire, c’est René Magdelon Martin qui préside aux destinées de la commune jusqu’en 1814.


                        Lui succèdent  Louis Rigault (1814-1821), puis le vicomte Charles de la Porte de Riantz (1821-1830), châtelain de Bois Dauphin et ancien militaire. Ces trois maires auront comme première préoccupation de réparer les voies de communication et de développer le commerce.
    L’année 1830 sera agitée. Le nouveau maire, Charles Demergot, nommé en avril, refuse avec quelques conseillers de prêter serment à Louis-Philippe, le nouveau roi, qui a succédé à Charles X chassé par la Révolution de Juillet. Ils sont démissionnés par le Préfet qui demande à Louis Rigault de reprendre la direction de la mairie.


                        En 1833, M. Esnault est nommé maire provisoirement parce que personne ne veut de la place. Cette fois-ci, tout le Conseil s’empresse de prêter serment au Roi lors d’une réunion qui doit se dérouler au château de Bois Dauphin car l’ancien maire Rigault est parti en emportant la clé de la mairie et refuse de la rendre ! L’année suivante, M. Martin de la Martinière est élu maire et le restera jusqu’en 1845. Très économe, il n’entreprend aucuns travaux et la commune est mal entretenue.
     Plébiscité par la population, Auguste Camille de Rougé, gendre de Charles de la Porte de Riantz, accepte de devenir maire et le sera durant vingt ans. Il comprend l’absolue nécessité d’aménager une nouvelle école. A son décès, une foule de trois mille personnes assisteront à ses obsèques.


                        Son fils, Emmanuel de Rougé, égyptologue réputé, lui succède de 1865 à 1873. Il sera confronté au problème de la guerre de 1870.
    Au décès de son père, Jacques de Rougé, lui aussi passionné par l’Egypte, accomplit plusieurs mandats entre 1873 et 1892, date à laquelle il essuiera un échec aux élections. C’est pour Précigné une période de modernisation. Le maire, très attentif aux problèmes scolaires, ne sera plus là pour l’inauguration de l’école neuve.


                        De 1892 à 1902, c’est Guillaume Gilet, ardent républicain, soucieux d’améliorer le sort des ouvriers et des paysans,  qui dirige la commune. La mairie partage avec la gendarmerie puis, après 1839, avec l’école la Maison Commune qui appartient à Monsieur Séraphin Deslandes. Elle dispose seulement d’une pièce pour les réunions du Conseil municipal, d’un cabinet pour les archives et d’un cachot pour enfermer les malfaiteurs. Au XIXème siècle, tout est à la charge des communes : les rues, les chemins, l’école, les miséreux, les malades etc… Hélas, Précigné est réputé « pauvre de revenus ».

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                        La municipalité de l’an 11 (1802) déclare que, vu la détresse des habitants, il convient de ne pas créer de nouvel impôt mais plutôt d’instituer une prestation en nature : les hommes valides devront faire annuellement trois jours de travail gratuit au profit de la commune. Ces trois journées s’appliquent aussi aux animaux et matériel agricole. On les emploiera à la réfection des chemins. Cependant, très vite, une faible taxe sera perçue en sus des impôts. L’épopée napoléonienne ne semble pas avoir soulevé d’enthousiasme à Précigné. Lorsque le département de la Sarthe veut offrir un nouveau navire à la France, le Conseil municipal refuse énergiquement de participer à la souscription, déclarant : « La commune, épuisée par dix ans de guerre civile, n’est pas en état de faire encore des sacrifices ». Notons aussi que, si on consulte le registre des décès, on constate qu’aucun Précignéen ne s’est illustré dans les guerres du Premier Empire. Ceux qui, souvent enrôlés de force, y trouvent la mort, sont surtout victimes de maladie. Développer le commerce est la tâche la plus urgente. Pour y parvenir, Précigné doit sortir de son isolement. Au Moyen-Âge, l’accès en était difficile puisque seul un chemin appelé Saint-Martin joignait Sablé à Morannes, à travers la campagne, via la Roche Davy. Au XVIIIe siècle, avait été aménagé le chemin Précigné-Sablé.


                        Durant tout le XIXe siècle, les Conseils municipaux successifs se préoccuperont des voies de communication. En 1800, il faut de toute urgence réparer le pont Fautras emporté par les eaux puis, à partir de 1807, on entreprend de réparer les chemins, d’abord celui menant à Sablé à peine praticable, puis ceux vers Pincé et La Flèche. Il y a urgence tant leur état est mauvais ; avant de les réparer, il faut les déblayer et les élargir. De plus, en 1817, l’État, soucieux de maintenir l’ordre public, invite les communes à fournir du travail aux pauvres et à s’en donner les moyens financiers ; les chemins joueront un rôle social. En 1824, le chemin reliant Précigné à Sablé devient « chemin de grande communication ».


                         Il faudra attendre la période 1840-1860 pour l’élargissement ou la création des chemins dits de « petite communication » vers Parcé, Le Bailleul, Notre-Dame du Pé, Durtal, Morannes, ce qui entraînera des expropriations coûteuses. Pour aller à Louailles, on prend le chemin des Rivauderies, la rue de la Percevaudière  n’existe pas. Bien sûr, ces voies ne sont pas goudronnées et il faut régulièrement les empierrer et les niveler.

 
                         Dans la seconde moitié du XIXe siècle, le commune empruntera des sommes importantes à la Caisse des Chemins Vicinaux pour créer et améliorer les petits chemins ruraux, construire des ponts comme ceux de Berlin et de Guermont, permettant de sortir la campagne de son isolement. Le bourg ne ressemble en rien à son aspect actuel. Il ne possède que deux rues, l’une nommée Grande Rue qui traverse tout Précigné d’est en ouest en passant par deux places appelées Saint-Pierre et Saint-Martin et l’autre partant de l’église vers le sud, en direction de Notre Dame du Pé. En 1821, la place Saint-Pierre s’agrandit de la cour de la Maison commune, ce qui permet au clergé de processionner autour de l’église. Ce n’est qu’à la fin du siècle qu’on tentera de l’améliorer en la faisant niveler et en y installant un égout pour limiter le ruissellement accru par la pente.


                         1841 voit l’aménagement de la place qu’on baptisera « Neuve », ainsi appelée parce qu’elle est récente ainsi que les maisons qui la bordent ; elle prendra par la suite,  le nom des Tilleuls et sera bien utile pour les foires. Trop petite, mal configurée et encombrée d’un puits, elle fera l’objet de nouveaux travaux en 1860.


                         Cette année-là, on équipe les rues de trottoirs et de caniveaux et on déclare obligatoire un plan d’alignement des maisons, alignement resté imparfait comme on peut le constater en parcourant les rues du village. En 1864, on juge utile de poser des plaques murales indiquant comment se rendre dans les villages environnants.


                          Le bourg est poussiéreux puisque les rues sont en terre, et sale car encombré de détritus. Régulièrement, on fait racler et enlever les boues des rues et trottoirs ; ce travail est effectué par celui  qui les a achetées par adjudication organisée par le notaire le dimanche, après vêpres. Vers la moitié du siècle, Précigné connaît une certaine prospérité. Cependant, l’absence d’une grande route le traversant et la proximité de Sablé plus dynamique gênent son essor commercial. La population, vers 1800, ne compte que 1750 habitants ; elle s’élève à 2600, dont 1200 dans le bourg, en 1830, puis connaît un pic à 3000 sous le Second Empire, avant de redescendre à la fin du siècle. Quatre-vingts fermes et autant de closeries utilisent soixante dix huit charrues tirées par des chevaux ou des bœufs. On cultive surtout le blé et le seigle ainsi que les pommes de terre et la vigne. De nombreuses parcelles de terre portent encore aujourd’hui le nom de « clos » attestant la présence d’un important vignoble produisant essentiellement du raisin blanc. Le phyloxera fait des ravages en 1894 obligeant à replanter des cépages américains. Les vergers sont rares. Plusieurs terres sont restées incultes au fil des siècles, on les appelle des landes, il en reste quatre.


                          L’élevage des bêtes à cornes,  porcs gras, poulains et surtout moutons est très développé. La prospérité agricole et l’existence de trois places pouvant accueillir mille deux cents bêtes incitent le Conseil municipal à demander l’établissement de deux foires qui auront lieu le premier mardi de juin et le dernier jeudi d’octobre mais il semble qu’elles ne furent pas organisées. Par contre, après 1860, elles seront plus nombreuses. La place Saint-Pierre accueille les bœufs, la place Neuve les vaches et celle de la Fleuranterie les porcs et les moutons ; les chevaux sont alignés le long d’un parc. 1883 voit la suppression d’une des foires remplacée par la foire du mercredi saint qui existait encore en 1933 ; on ignore quand elle fut supprimée, sans doute avec la guerre. Ces foires sont fort fréquentées, le bétail étant réputé.

 
                          Les agriculteurs de Précigné, soucieux de vendre leurs produits, se rendent dans les foires et marchés des communes environnantes dans un rayon de trente kilomètres ; outre leurs bêtes, ils vendent des grains, du chanvre, des graines de trèfle, du vin, du bois.


                          Jadis, Précigné possédait des halles qui abritaient un marché chaque mardi. Mais, lorsque Bois Dauphin fut abandonné, le marché périclita et les halles furent détruites. Au XIXè siècle, un petit marché a lieu le dimanche matin. C’est un jour de grande animation au village car, outre assister à l’office religieux, on peut, à partir de 1885, porter ses économies à la Caisse d’Epargne installée à la mairie, ou consulter le notaire. Précigné n’est pas qu’une commune agricole. Artisans et commerçants sont nombreux. On vend du tabac et de la poudre de chasse.


                         On peut se faire tailler un habit, choisir un chapeau neuf chez le chapelier ou la modiste, se chausser chez le cordonnier mais la plupart se contente de sabots. On entre chez le barbier pour se faire raser et couper les cheveux. On achète du fil chez le filassier. Les sergers et les étaminiers tissent et vendent des tissus en laine, aidés par les cardeurs et cireurs de laine mais cette activité décline après 1835. Il ne reste que quelques métiers à toiles et des fileuses à domicile. Un pouplassier travaille la filasse.


                         Les charrons fabriquent des roues en bois, des charrettes à bras, des brouettes et des carrioles qui seront tirées par un cheval ferré de neuf par le maréchal-ferrant. On sait que l’un d’eux était installé place Saint-Pierre, là où maintenant se trouve l’étude notariale. Un autre habitait l’ancienne maison Sineau, au n°12 de la Grande Rue, dont la porte avait dû être rehaussée afin que les chevaux puissent pénétrer dans le couloir qui conduisait à l’atelier situé dans le jardin à l’arrière. Hercule Le Liège travaillait rue du Pé. On a souvent affaire au bourrelier qui travaille le cuir destiné aux harnais, licols, courroies ainsi qu’aux capotes et coussins des voitures hippomobiles. On peut aussi lui passer commande de matelas, mais beaucoup se contentent de paillasses. On fréquente également la forge où le forgeron s’occupe du cerclage des roues de charrettes et fabrique des outils agricoles et de nombreux objets usuels en métal.

 
                           On se ravitaille en farine chez les meuniers qui possèdent des moulins à vent ou à eau ; on en compte deux de chaque. On sait qu'en 1820, Mme Veuve Cosnard-Desportes, qui habite le Perray, fait construire un moulin à farine sur la Fontaine sans Fond qui, depuis des temps anciens, est canalisée. Boulangers et bouchers nourrissent ceux qui en ont les moyens. Des marchands huiliers  produisent de l’huile grâce aux noyers. On a le choix entre plusieurs épiciers chez qui on se fournit en chandelles indispensables pour s'éclairer. Bien sûr, on n’a que l’embarras du choix pour les cabarets et on peut se restaurer dans les nombreuses auberges. Les bouilleurs de cru proposent de l’eau-de-vie. À l’automne, on se rend chez les vignerons et grâce aux tonneliers, on peut mettre son vin ou son cidre en barrique.  Il est facile de s’équiper en vaisselle chez le verrier et le potier.


                            Les métiers du bâtiment sont bien représentés : maçons, tailleurs de pierres, couvreurs, menuisiers-charpentiers, scieurs de long qui fournissent ces derniers en planches, peintres-vitriers. La construction des maisons est facilitée par l’extraction des moellons de calcaire qui sont abondants sur le territoire de la commune. Pour embellir sa maison, on choisit du marbre de Solesmes ou de Grez en Bouère ; on peut faire appel aux frères Coëffé qui excellent en serrurerie, mécanique et ferronnerie d’art. On leur doit les grilles en fer forgé qui ornent la chapelle du Centre médical ainsi que les entourages de nombreuses tombes au cimetière.


                            Lors de l’Exposition universelle de 1900, le Conseil Général de la Sarthe accorde une subvention pour permettre à deux artisans à l’esprit curieux de faire le voyage à Paris : sont choisis Léon Coëffé, mécanicien et Victor Foussier, menuisier.Comme la commune est riche en forêts, les marchands de bois et les charbonniers ne manquent pas de travail.

 
                             Les journaliers, hélas nombreux, sont embauchés à la journée. La mairie leur procure souvent du travail grâce à l’entretien des chemins. Un atelier municipal essaie de leur apprendre un métier. La vie des femmes chargées de famille nombreuse est rude. Si quelques-unes sont fileuses chez elles, la plupart sont domestiques de ferme ou servantes dans le bourg.

 
                             Certaines travaillent à la journée comme les lavandières aussi appelées buandières. Malgré les conditions difficiles dans lesquelles elles lavent le linge des « riches », elles aiment se retrouver au lavoir, les langues y vont bon train.


                             Les femmes les mieux loties sont embauchées au château, par la famille de Rougé qui offre divers emplois : cuisinière, lingère, femme de chambre, etc. Cette dernière est souvent fort dévouée à sa patronne qui, parfois, lui témoigne sa reconnaissance en lui consentant un petit legs dans son testament. Le château fournit aussi du travail aux hommes. Ils sont régisseur, gardien, valet de chambre, cocher, palefrenier s’occupant des chevaux et des écuries, piqueux veillant sur la meute de chiens, garde-chasse, jardinier. La presse de 1888 relate que le sieur Roullière s’est pendu, désespéré par le mauvais temps et ses plantations ratées.


 
                              La paroisse emploie un sacristain-sonneur de cloches. Les services d’un médecin, d’un officier de santé, d’un chirurgien, d’une sage-femme, d’un hongreur (ancêtre du vétérinaire), d’un notaire, d’un percepteur sont proposés à la population. L’argile à Précigné est de bonne qualité. Depuis 1834, M. Ragaigne possède un four à chaux dans le champ des Groies proche de l’actuelle rue de la Trècherie. Puis, se déclarant « industriel », il s’installe à la Roche-Davy et s’associe avec M. Marcais. Dans le même atelier et dans le même four, on produit briques et tuiles, ce qui est rare. Après 1845, M. Marcais n’est plus que tuilier au lieu-dit « La Pomme de Pin ». Était également installé à la Roche Davy M. Martin ; sur de vieilles briques, on peut encore aujourd’hui lire son nom. La production de briques atteint le nombre de trois millions par an.


                              Aux Plesses fonctionne une verrerie.
                              En 1844, dans une lettre sollicitant l’autorisation d’ouvrir une poterie en plein bourg, M. et Mme Chevalier (parents de l’abbé) expliquent qu’ils projettent de construire une cheminée qui ne fumera pas plus qu’une cheminée ordinaire. Le Sous-Préfet soutient leur projet. Leur production consiste en des pots et jattes en tous genres, certains d’une rare couleur mauve grâce à l’emploi du manganèse. Leur successeur, M. Dinand, reconstruit en 1865 le four qui fonctionne au bois. La cheminée dépasse de trois mètres les toits voisins et des précautions sont prises pour éviter les incendies. La fabrique, dont les poteries sont de médiocre qualité, cesse de fonctionner l’année suivante.


                              Les chauffourniers sont nombreux sur la commune. On sait qu’en 1831 les quatre fours à chaux ne suffisent plus ; en 1836 on en comptera neuf. La Préfecture autorise Pierre Plot à construire des fours à chaux au champ des Caves, à la Bettelotière et sur la route du Perray.  La chaux contribue à améliorer la terre, d’où une augmentation de la production agricole. De cinq quintaux à l’hectare, on passe à dix huit en 1860.

 


                              Des charretiers, qu’on appelle aussi rouliers, conduisent des chevaux qui tirent des chariots lourdement chargés de marchandises diverses, seul moyen de transport existant à cette époque. Les auberges servent de relais de poste qui offrent des écuries qui accueillent les chevaux fatigués et fournissent des bêtes fraîches. Dans le journal « Le Commerce de Sablé », en date de 1843, M. Bouilland informe qu’il a fait restaurer et meubler de neuf son hôtel du Lion d’Or et de la Croix Rouge et qu’il propose remises et écuries. Après 1870, les relais fermeront, les transports routiers étant concurrencés par le chemin de fer. Bref, Précigné est un village dynamique ! On peut même apprendre à chanter avec le sieur Charles Boulanger, maître de musique ou s’offrir des cours d’écriture avec Frédéric Audigier.
    Cependant, l’argent ne rentre guère dans les caisses communales alors que les besoins sont énormes. Le développement économique reste modeste, Précigné demeure un village sans industrie. Les miséreux sont nombreux, la municipalité a le devoir de leur porter aide mais elle doit aussi suivre le progrès et cela coûte cher.

 


                                Augmenter les impôts est une nécessité mais les riches propriétaires, membres de droit du Conseil, y sont hostiles. En sus des impôts fonciers, on crée une contribution sur les portes et fenêtres. À la taxe sur les chevaux et carrioles, en 1855, s’en ajoute une sur les chiens, d’un montant variable suivant qu’il s’agit d’une bête de garde, de chasse ou de compagnie. Une taxe sur les vélocipèdes est instituée en 1898. Souvent, on peut lire dans les registres des délibérations municipales, pour justifier l’augmentation des impôts : « Il s’agit d’une imposition exceptionnelle pour insuffisance de revenus pour des dépenses obligatoires ». Après 1850, le Conseil prend l’habitude  de recourir à l’emprunt qui est devenu courant et  de solliciter des subventions car il estime naturel que les gros efforts fournis par la commune pour ses chemins soient soutenus. Il arrive aussi que le maire avance l’argent de sa poche. On évite toutes dépenses superflues. En voici trois exemples : En 1817, on recense deux cent quatre vingt trois pauvres. La municipalité décide de supprimer les subventions destinées aux fêtes communales ; l’argent économisé sert à acheter du pain et à ouvrir un atelier de charité qui procurera un peu de travail à ceux, nombreux, qui n’en ont pas. En 1820 naît le duc de Bordeaux, héritier du trône ; une souscription nationale est lancée pour lui offrir le château de Chambord. Notre municipalité refuse de s’y associer, se contentant de faire célébrer une messe solennelle !  Trente six ans plus tard, lors de la naissance du fils de Napoléon III en 1856, le Conseil préfère distribuer pain et viande aux indigents plutôt que d’organiser des festivités.


 
                               La guerre de 1870 aurait pu être dangereuse pour Précigné. Elle commence en juillet ; la défaite de Sedan le 2 septembre suivant entraîne la chute de l’Empire et la proclamation de la IIIe République.


                             Tout de suite, le maire Emmanuel de Rougé prend des mesures pour recenser les fusils de chasse qui, si besoin, seront réparés aux frais de la commune. On réfléchit aux moyens d’arrêter l’ennemi en barrant les nombreux chemins. Faute de ressources, le Conseil refuse énergiquement de participer aux dépenses des gardes-nationaux mobilisés comme l’a décidé le Préfet ; il consent seulement à voter un impôt extraordinaire infime pour équiper la Garde nationale sédentaire.


                              Début 1871, l’armée ennemie est à Sablé, des troupes françaises sont regroupées à Morannes. Une escarmouche a lieu près du cimetière de Précigné : un Prussien est tué. En représailles, les Allemands menacent d’incendier le bourg. Fort heureusement, l’armistice est signé dans les derniers jours de janvier. Cette guerre n’a causé la mort d’aucun Précignéen.

            
                                            À suivre…