PRECIGNE AU XIXème SIECLE

                                          Chapitre 3 : l’Hospice et le Bureau de bienfaisance

            Avant la Révolution, il existait déjà une Maison de Charité tenue par des religieuses de Saumur.

            Par délibération de 1826, le Conseil municipal décide de faire réparer une dépendance de l’école des filles et d’y établir un hospice chargé d’accueillir les malades indigents, sous la direction de trois sœurs d’Evron. Cet hôpital-hospice, géré par une Commission administrative dépendant du Bureau de bienfaisance, bénéficie de la générosité de Mme de Saint Sauveur, de divers propriétaires et d’une religieuse de Nantes qui lègue plusieurs immeubles. Les Sœurs sont aussi tenues de porter secours aux malades à domicile. Elles ne coûtent rien à la commune puisqu’elles ne sont pas payées.

            Au XVIIIe siècle, en 1728, une dame Laigneau-Blanchet, demeurant à l’Angèlerie, avait fait don de diverses rentes à l’hôpital de Sablé à charge pour lui de réserver deux lits gratuitement aux malades pauvres de Précigné. Vers 1850, Sablé, qui semble avoir mal géré les rentes reçues voici cent vingt ans, remet en cause cet accord et décide de ne plus accueillir qu’un seul malade, alternativement de la paroisse Saint Pierre et de la paroisse Saint Martin. Précigné proteste vivement et finit par porter l’affaire en justice, le Conseil d’Etat lui donne raison.

            Le confort est inexistant, des murs suinte l’humidité, les malades sont couchés dans des lits en fer équipés de paillasses. Ceux-ci sont si nombreux que les remèdes manquent. Le charmant petit bâtiment carré qui abritait la pharmacie existe toujours.

            A la fin du siècle, l’hospice n’est plus tenu que par une unique religieuse bien que les Sœurs d’Evron aient sollicité le droit de s’investir davantage mais le Conseil municipal refuse d’aliéner son droit de propriété en confiant l’hospice à une congrégation, d’autant qu’il fonctionne, en partie, avec l’argent public.

            La religieuse part en 1902, ce qui entraine la fermeture de l’hospice, provisoirement.

            Le rôle social de la municipalité ne se borne pas à l’hospice.

            Au sortir de la Révolution, la misère est si grande que les Communes sont tenues de créer des Bureaux de bienfaisance. Avec ce service communal obligatoire, elles prendront le relais de l’Eglise.

A Précigné, un atelier de charité ouvre en 1817, chargé de donner du travail aux pauvres. En 1832, un legs permet de faire apprendre un métier à quelques enfants miséreux. Une Commission de charité voit le jour en 1846 qui ne donne pas satisfaction..

Après 1860, le Bureau de bienfaisance fonctionne bien car il bénéficie de bons revenus grâce à des legs de fermes, comme celle de la Percevaudière, de terrains, de dons en argent, de rentes ; il profite aussi de la vente des concessions du cimetière, de subventions municipales et départementales, de quêtes auprès de la population. Il doit assistance aux enfants, vieillards, malades, infirmes, accouchées, familles nombreuses à qui sont distribués pain et viande. En 1893, une centaine de personnes reçoivent de l’aide. C’est l’ancêtre du Centre Communal d’Action Sociale (CCAS) de maintenant.

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La Commune doit payer, avec l’aide du département, pour ceux, nombreux, envoyés à l’asile d’aliénés du Mans. En Sarthe, depuis 1857, une loi interdit de mendier. Les malheureux, qui sont dans l’incapacité de travailler et sans famille, sont envoyés au dépôt de mendicité du département.

                                                                                                                                 A suivre…