PRECIGNE AU XIXème SIECLE

Chapitre 8 : les Pompiers

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            C’est en 1849 qu’est créée une compagnie de quarante pompiers choisis parmi les gardes-nationaux. Comme la mairie n’en a pas les moyens,

une souscription auprès des plus riches permet l’achat d’une pompe.

Les pompiers sont obligés de payer eux-mêmes leurs casques, la commune les remboursera quand elle le pourra. Le maire Camille de Rougé et son fils

Bonabes sont membres de la Compagnie.

 

            En cas d’incendie, l’alerte est donnée par le tambour de ville. Quand on vient prévenir pour un feu en campagne, on est prié de ne pas venir à vélo

mais d’atteler un cheval à une remorque, ce qui permettra de transporter plus vite la pompe sur les lieux du sinistre.

 

            En 1867, les pompiers demandent à constituer une Société de Secours Mutuels, ce qui leur est refusé. Les communes sont invitées

à se montrer généreuses envers leurs « soldats du feu ». Les candidatures sont peu nombreuses ; cependant, certains s’engagent

espérant ainsi échapper au service militaire.

 

            Lors du terrible incendie de l’église en 1900, dont l’alerte a été donnée par le tocsin, ils sont incapables de venir à bout du feu

tant leurs moyens sont dérisoires et le bourg doit son salut à la Compagnie de Sablé appelée au secours.

 

            En 1908, on se contente d’acheter des seaux neufs.

 

            La Compagnie est réorganisée en 1937 avec quatorze pompiers, sous la direction du célèbre chef Joseph Piron. La mairie décide d’acquérir

une moto-pompe de quatre-vingts mètres cube et six cent cinquante mètres de tuyaux, la pompe à bras étant jugée insuffisante.

            Les pompiers reçoivent une indemnité de soixante francs par individu et par feu.  En outre, comme ils doivent porter une tenue réglementaire,

la mairie leur offre un uniforme ; c’est M. Rialland, tailleur local qui est chargé de la fabrication. Le maire, M. Robert d’Ussel, propose sa voiture automobile

personnelle suffisamment vaste pour transporter les hommes et le matériel. En 1939, un pylône à exercices est installé sur une place afin que les pompiers

y entretiennent leur forme. C’est finalement une tour en bois qui sera construite au terrain de football. Il est prévu que des sonneries de clairon

aux quatre coins du bourg alerteront, sonneries différentes suivant la nature du feu.

 

            En janvier 1951, on installe une sirène dans le clocher : un coup pour un feu de cheminée, deux pour un incendie dans le bourg

et trois pour un feu dans la campagne. Hélas, lors de sa première utilisation, il s’agit d’un incendie au monastère de la Vairie, les pompiers sont tous au bal

de l’Union Sportive et n’entendent rien ! Ce sont le médecin et le pharmacien qui, n’écoutant que leur courage, sont les premiers sur place

et commencent à éteindre le sinistre !

 

            La Compagnie participe activement aux réjouissances communales en organisant bals et pièces de théâtre. Les vieux Précignéens se souviennent encore

du talent comique du pompier Piron.

 

            En 1953, certains pompiers ayant pris beaucoup d’embonpoint, la mairie est obligée de leur offrir un nouvel uniforme, ce qui leur vaut les honneurs

de la presse dans la chronique humoristique du « Père Copiau » des Nouvelles de Sablé :

 

            « Décidément ces gars d’Persigné y nous f’ront toujou rire ! Dernièrement, à une réunion du conseil municipal,

les questions s’sont débattues,

comme partout sans grand mal.

Mais dans toutes ces questions yen a une qui m’a tout d’minme frappé, qu’a fait rire plusieurs conseillers et les autes,

c’est l’histoire d’l’habillement des pompiers.

Quéqu’z’uns d’ces braves gensses i z’ont pris d’l’embonpoint au point de n’pu pouvouair mette leu culotte

sans que l’vente i dépasse d’dix centimètres ».

            « L’élégance avant tout qu’a dit l’maire, faut tout d’minme faire vouair que j’ai core d’quai faire des culottes

qu’a dit l’marchand du coin d’la route du Pé,

la décence avant tout qu’a dit un « astucieux », faut r’médier aux débordements qu’a dit core eun aute conseiller.

On a donc décidé d’pouaiyer des t’nues aux pompiers qu’avint pris d’l’extension ».

            « La Victorine qu’a toujou d’z’idées point comme tout l’monde é m’disait en apprenant ça : « tu n’sais point, mon gars,

é ben à Persigné i d’vant avouair l’idée d’faire un syndicat d’initiative, pi d’faire c’qui appelant eune brochure d’publicité

su laquelle j’vouais : « Persigné, son église, son château, ses p’tits ch’mins creux triplement ombragés, ses restaurants et,

eune référence palpable : tous les trois ans faut changer d’tenue aux pompiers ».

On pourrait côre ajouter : « A déconseiller aux femmes qui d’sirant garder leu lignes et, à pu forte raison, à ceusses là

qui font des cures d’amaigrissement aux frais d’la Sécurité Sociale ! »  

 

 

 

                                                                                                                                          A suivre…